Et si on oubliait ?


C’est souvent la première peur avant un mariage, une naissance, une réunion de famille.

Et si, avec le temps, tout devenait flou ?

Les voix, les gestes, les visages.

Cette idée me touche profondément — parce qu’elle est humaine.

Alors je photographie pour que ça reste.

Garder trace de ce qui passe vite


Une main posée sur une épaule, une mèche de cheveux replacée, une lumière qui glisse sur un mur.

Je ne cherche pas à fabriquer de beaux souvenirs, mais à garder trace de ce qui, sans la photo, disparaîtrait.

Mon appareil n’impose pas, il observe.

Il cherche les silences, les regards entre deux phrases, les gestes que personne ne remarque sur le moment — mais qui, plus tard, raconteront tout.

Zoom sur l’interview d’Amandine Derimay dans le magazine Émergence, posée sur une sacoche en cuir noir.

Des images vraies, pas des images parfaites


Je crois à la photographie documentaire parce qu’elle ne triche pas.

Elle ne cherche pas à enjoliver, ni à corriger.

Elle dit la vérité du moment : un rire qui déborde, une émotion qui échappe, un désordre dans la nappe, une pluie inattendue.

C’est là que se trouve la beauté.

Pas dans la mise en scène, mais dans la sincérité.

Le temps long


Je n’aime pas les modes.

Elles déforment le souvenir.

Je préfère une lumière douce, naturelle, des teintes fidèles, des compositions sobres.

Mon souhait est simple : que dans trente ans, ces images soient encore lisibles, encore belles, encore vraies.


Une photographie réussie, c’est celle qui vieillit bien — comme une maison de famille, ou une histoire qu’on continue de raconter.

Photographier pour transmettre


Chaque reportage est pour moi un morceau de patrimoine familial.

Un témoin silencieux d’un instant de vie.

Quand j’imagine mes images, je pense à celles qu’on ressortira un jour, dans une autre maison, autour d’une table, avec des enfants devenus grands.


C’est pour ce moment-là que je photographie.


Pour que la mémoire reste vivante.

Pour que rien ne s’efface tout à fait.